LA MUSIQUE MALOUF, BIEN PLUS QU’UN HÉRITAGE ARABO-ANDALOUS !

L'ancienne « Cirta » nom primitif de Constantine, continue de fasciner les musiciens. Elle est surtout connue comme étant la ville du Malouf, berceau de la musique arabo-andalouse version constantinoise. Je ne pouvais donc pas parler de Constantine sans parler de musique et faire vibre ce cœur qui bat !



MUSIQUE FRUIT DU MÉTISSAGE MÉDITERRANÉEN

Aussi appelée « al moussiqa al andaloussia », elle est l'héritière de la musique chrétienne pratiquée en Espagne et au Portugal avant la « Reconquista », de la musique afro-berbère du Maghreb et de la tradition musicale arabe de Bagdad. La musique arabo-andalouse s'est propagée grâce aux échanges importants entre les centres culturels d’Andalousie formant trois grandes écoles dont se réclameront des centres culturels du Maghreb.


3 ECOLES, 3 VILLES, 3 VISIONS…

La 1er, le « San'â » à Alger, lié à Cordoue, est l’ancêtre du « Chaâbi » inventée au milieu des années 1920 au cœur de la Casbah d'Alger par le musicien de l'époque, Hadj El Anka. Pour vous familiariser à cette musique, je vous conseille de regarder le formidable film-documentaire de la réalisatrice Safinez Bousbia « El Gusto » sorti en 2012. Il retrace l’histoire d’un groupe de musiciens juifs et musulmans, séparés par l’histoire il y a 50 ans, et réunis aujourd’hui sur scène pour partager leur passion commune : la musique « Chaâbi. » Cet orchestre de musique arabo-judéo-andalouse, qui réunit des musiciens d'Alger et d'autres issus de la diaspora "pied noir", est né de la rencontre entre la réalisatrice et un commerçant de la casbah d'Alger, Mohamed El Ferkioui. « El Gusto » est LE « Buena Vista Social Club » algérien.



La seconde école est celle du « Gharnati » de la ville de Tlemcen et lié à Grenade.

Enfin, le « Malouf » de Constantine, qui signifie en arabe "fidèle à la tradition" dans la célébration de l'amour courtois et de l'élan vers Dieu, se revendiquant de Séville. L’une des figures les plus emblématiques était le Cheikh Raymond Leyris qui n’est autre que le beau père d’Enrico. Tiens, tiens…. Celui-ci n’avait qu’une seule religion : le « Malouf ». Assassiné le 22 juin 1961, le musicien était le symbole de cette ville. Et comme le Pont suspendu, symbole de la ville, Raymond était un lien entre les communautés juive et musulmane. Figure charismatique de la culture traditionnelle constantinoise, il était une notabilité révérée par les deux communautés. Selon les anciens, il était Cheikh Raymond, c’est tout !


L’extase du cœur

J’aime flâner dans les cafés et m’installer pour fermer les yeux et laisser mon cœur vibrer à chacune des mesures du luth et de la cithare, accorder son rythme au tambourin, s'élever sous l'archet de l'alto, tressaillir à l'appel de la flûte bédouine (si spécifique de Constantine). Bientôt vous connaîtrez ce que les Arabes nomment le "tarab", cette extase qui libère l'âme hors de la prison du corps.


En 2015 la ville de Constantine est capitale arabe de la culture, la deuxième ville d'Algérie à être choisie pour organiser cet événement après Alger en 2007.

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